Conseil de guerreMature

Donald s’assied derrière son bureau, se tourna  et posa ses pieds sur le rebord de la fenêtre.  À travers les rideaux il regardait, sans vraiment les voir, les néons bleus et roses qui annonçaient l’Hôtel Villeray de l’autre côté de la rue.  Il pensait aux années où il a rencontré Daniel, ce qui le mena à ses souvenirs de Minh.

 

Il sortit son cellulaire de la poche intérieur de son veston et chercha à travers son carnet d’adresse les informations de l’inspecteur Minh.  Il retourna l’appareil mobile où il l’a pris et composa sur le téléphone du bureau. 

 

La sonnerie  se fit entendre trois fois avant que la voix du policier se fit entendre.  « Minh. »

« Inspecteur Minh, bonjour, » dit Donald.  « Mon appel sera bref, je ne tiens pas à abuser de votre temps.  Je veux simplement vous aviser que si jamais vous retournez au domicile de Daniel et Marielle Thomas, vous trouverez que certains items ont été retirés.  Des livres, devrais-je préciser.  Je me suis dit que puisque vous m’aviez laissé entrer dans la maison que vous en aviez terminé avec votre étude de la scène de crime. »

« C’est exact.  Le corps de Daniel Thomas a été découvert un peu avant minuit hier soir.  Aussitôt que le corps de Marielle Thomas fut découvert dans le coffre arrière de sa voiture, une auto patrouille fut dépêchée à leur domicile et les deux agents firent la découverte à ce moment.  Les enquêteurs de scène de crime ont passé la nuit à faire de tour de la maison et n’ont rien trouvé pouvant nous aider ailleurs que dans la cuisine.  Et comme le corps des deux résidents ont été trouvés le même soir et que la thèse du suicide est écartée pour les deux victimes, nous sommes certain que les motifs des meurtres ne sont pas domestiques.  De ce fait, si vous avez pris quoique ce soit de la maison, ça ne nous importe peu.  À moins que quiconque hérite de la maison ne décide de porter plainte. »

« Je veux aussi vous laisser savoir que je vais mener une enquête parallèle à la vôtre pour tenter de démasquer le, la ou les auteurs de crimes.  Je ne ferai rien pour infirmer votre travail, et je vais relayer à votre bureau toute information que je vais trouver.  Finalement, si je … »

 

La ligne coupa soudainement, ce qui surprit grandement Donald.  Minh n’avait jamais été du type arrogant ou irrespectueux.  Alors qu’il prenait son souffle pour vociférer à voix haute, on cogna doucement à la porte de son bureau et elle s’ouvrit, laissant entrer l’inspecteur Minh.  Il avait le regard hagard et marchait les épaules basses.  Il avait la posture d’un homme épuisé.  Une caisse de Milwaukee’s Best pendait à son bras, laquelle il déposa sur le bureau devant Donald. 

 

« Fut un temps où c’est tout ce que nous avions les moyens de boire.  Tu te souviens? »

 

Donald retira ses pieds du rebord de la fenêtre et se leva.  Il ouvrit la caisse, en sortit une bouteille qu’il offrit à Minh.  Il en prit ensuite une deuxième pour lui-même.

 

« Je n’ai jamais oublié.  Assied-toi, nous avons à discuter. »

The End

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