Le réveil et le soupçonMature

Cécile fut surprise de recevoir un appel du comptable. Il y avait déjà plusieurs mois qu'elle lui avait donné des instructions concernant les dépenses de son mari volage. Sans le savoir, ce dernier avait une laisse courte concernant les dépenses farfelues. Jusqu'à présent,  jamais elle n'avait reçu d'appel du comptable pour lui signifier que Donald faisait des dépenses trop outrageuses. Elle fut donc choquée d'apprendre que ce dernier avait donné comme instructions au comptable d'acheter une maison. Elle eût un hoquet en apprenant qu'il s'agissait de la maison de Daniel, et qu'un crime violent et sanguignolant venait tout juste de s'y produire.

"Mais il est fou. C'est une scène de crime. La police va tout cloisonner. Et puis, la valeur immobilière du bâtiment va chuter en flèche à cause de ce meurtre."

Cécile réfléchit quelques secondes. 

"J'espère que cet idiot n'a rien pris dans la maison. Voler des pièces à conviction, ce serait vraiment stupide. Il deviendrait immédiatement suspect dans cette affaire."

Le comptable était toujours au bout du fil. Cécile lui ordonna de ne pas acheter la maison. Ce dernier lui apprit que la succession n'avait même pas encore été en mesure de prendre possession de la maison. Le crime était beaucoup trop récent.

"Excellent. Ne dites pas à mon mari que je vous ai commandé de ne pas acheter la maison. Dites-lui simplement ce que vous venez de me dire, et faites comme si vous alliez vous enquérir plus tard, au moment opportun, de la possibilité de l'acquérir, selon ses demandes. Je veux tenter de savoir ce qu'il désire." Elle raccrocha.

"Mais qu'est-ce qu'il mijote? Pourquoi vouloir acheter cette vieille barraque en ruines? Aurait-il décidé de me quitter?" Une ride se dessina sur le front de Cécile.

"Où ai-je mis ce contract pré-nuptial?"

Soudainement inquiète, elle fit quelques pas vers l'escalier de marbre qui menait au bureau, puis se ravisa. "Le notaire, bien sûr. Quelle idiote je fais!"

Rassurée, elle tourna les talons. Et c'est alors qu'elle ressentit en elle le soubresaut qui annonçait le réveil de la Bête. C'était si subtil qu'elle faillit le manquer. Mais elle le perçut, et immédiatement toutes ses pensées se tournèrent vers la Bête, son maître. Elle su immédiatement que le vibrateur ne suffirait plus. Elle devait sortir.

Cécile avisa son manteau de pluie posé contre le dossier de la chaise, dans le hall d'entrée.  Dessous se trouvait son sac à mains. En s'en saisissant, elle remarqua que la fermeture-éclair était ouverte. Son porte-feuille se trouvait toujours à l'intérieur, avec toutes ses cartes de crédit et d'identité,  mais elle su d'instinct que quelque chose clochait.

Frénétiquement, ses doigts fouillèrent le sac. L'horreur la saisit quand elle dû se rendre à l'évidence: le document avait disparu.

The End

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