Brossard vers le passéMature

Donald retira sa cravate et défit le premier bouton de sa chemise.  Il s’essuya les lèves avec sa cravate, surpris d’avoir réagi ainsi à la scène de crime.  Il ne réalisa pas tout de suite que le sang sur les murs de la cuisine était celui de Daniel; il dût se rappeler l’image du corps de Marielle, lequel ne portait aucune marque de violence – sinon le fait que la tête avait été séparée du corps.  Elle vivait seule avec Daniel, ce qui commençait à sérieusement limiter les options de victime.  

 

Ce sont les pantalons sport qui lui ont confirmé qui était la victime.  Les mêmes pantalons que Daniel portait lorsqu’ils étaient au collège, sauf qu’aujourd’hui ils sont en paquet dans un coin de la pièce, ensanglantés et en morceaux.  Pourquoi les ambulanciers ou l’équipe de scène de crime de la police lui avaient retiré ses pantalons il ne savait pas.

 

C’est l’idée que quelqu’un ait pu enlever la vie à Daniel si brutalement qui fit perdre l’estomac à Donald.  Une fois certain qu’il ne serait malade à nouveau, le détective privé retourna à l’intérieur de la maison.  Sur le pas de la cuisine, les mains dans les poches de son pantalon fait sur mesure, il prit soin de mémoriser la scène où son ami avait été tué.  Donald ne fumait que rarement, mais il avait soudainement envie d’une cigarette.  

 

Il tourna les pieds et entra dans le bureau de Daniel.  Il s’assied sur le sofa, d’où il pouvait entrevoir la cuisine, et s’empara du paquet de cigarettes qui était resté sur la table basse.  Dans le paquet de Players était enfoui un Bic, lequel il utilisa pour s’allumer.  Il considéra garder le tout, mais il n’avait jamais volé un paquet entier à son ami et il ne voyait aucune raison pour commencer aujourd’hui.  

 

D’autant plus qu’il avait trop de sophistication pour fumer des Players et s’allumer avec un Bic.

 

Quelques minutes plus tard il se leva et, cigarette aux lèvres, fit le tour des livres dans la bibliothèque de Daniel.  Tellement de livres.  Lorsqu’il quitta le collège et qu’ils se perdirent de vue, Donald arrêta de lire.  Il n’avait plus personne dans sa vie à qui il pouvait dérober des bouquins comme bon lui semble.  Il sourit aux souvenirs qui lui revenaient.  Tous ces trousseaux de clefs qu’il avait subtilisés et jetés en bas du pont, toutes les femmes qu’il avait baisés dans son lit.  

 

Daniel était un homme formidable qui savait comment rendre une femme folle de désir, mais jamais il ne piquait son drapeau au sommet.  Donald ne faisait que monter dans les traces qu’avait creusées Daniel et finissant la journée en baisant la montagne.  Il savait bien qu’aucune de ces femmes ne l’aimait – elles avaient été séduites par Daniel.  « Femme qui veut baiser ne regarde pas la bride, » que Donald lui disait souvent.

 

Donald, empreint d’un désir d’action qu’il n’avait ressenti depuis qu’il avait tenté de clore avec les jumelles chinoises de 2006, prit une rangée de livres de la bibliothèque dans ses bras et les laissa tomber dans le coffre de sa voiture.  Il dut faire une douzaine d’aller-retour pour vider le tout.  Il retira son veston après trois parce qu’il commençait à avoir sérieusement chaud.  Il pourra entreposer ces livres avec les autres qu’il gardait dans une malle depuis le collège.

 

Sur le chemin du bureau il prit les arrangements nécessaires pour faire nettoyer et vider la maison de Daniel et Marielle.  Ensuite, il appela le comptable de sa femme et lui dit d’acheter la maison.

The End

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