Peau d'oursMature

 

À l’heure qu’il est, Donald n’a nulle part où aller qu’à la maison.  Il considère brièvement aller se farcir la serveuse du quart de nuit chez Pascali, un resto italien de St-Léonard où les mets sont accentués de cendre de Gaulloises et de cérumen, mais il hésite; il a eu quelques épisodes récents où il a dû se résoudre à remballer le mât parce que le vent ne prenait pas dans les voiles.  De peur que les émotions de la soirée ne viennent calmer les vents de sa passion, il se résout à retourner à sa femme.

 

Il stationne la Bentley dans le quadruple garage souterrain et monte tant bien que mal au premier, la fatigue ayant  pris possession de sa jambe infirme et rendant sa montée plus lente qu’à l’habitude.  Il fait un détour par la cuisine, se prend une bouteille de Château Pétrus et une coupe puis se dirige vers le salon. 

 

Il dépose la bouteille et la coupe sur la table basse avant de se laisser tomber sur le sofa.  Épuisé, il a besoin de ses deux mains pour allonger sa mauvaise jambe pour être confortable.  Il laisse échapper un lourd soupir lorsqu’il s’étire pour verser du vin dans la coupe.

 

« Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire.  Raconte à maman ce qu'il te manque. »  S’il n’avait été aussi fatigué, la voix de sa femme l’aurait probablement fait sursauter.  Il lève les yeux et la regarde arriver de la cuisine, où il était il y a à peine une minute.  Pour une femme de quarante-cinq ans – quarante-six? – Cécile se porte magnifiquement.  C’est probablement l’une des femmes les plus séduisantes que Donald ait sodomisé.  Ce qu’elle fait en tenue de soirée à cinq heures du matin il ne sait pas, mais la robe de soie noire accentue parfaitement tous ses attraits physiques.  Ses longues jambes, les courbes de son dos, le vert de ses yeux, la symétrie de sa poitrine, ample et ferme, ainsi que la douceur de sa peau – beaucoup de peau.  

 

« Je dois trouver une nouvelle secrétaire pour le bureau. »

 

Cécile s’approche et de son pied nu entrouvre les jambes de son mari.  Elle soulève sa robe lentement, assez haute pour que Donald ait un bref aperçu de la petite culotte de sa femme.  Elle se penche vers l’avant et mets une main sur le dos du sofa, approchant le creux de sa poitrine à quelques centimètres du nez de son mari; doucement elle le chevauche et s’assieds fermement de tout son poids sur son entre-jambe.

 

« Tu en as terminé avec Marielle? »

 

Cécile bouge légèrement les hanches, un va-et-vient qui ne passe pas inaperçu chez Donald qui commence à respirer de plus en plus fort.  

 

« C’est la vie qui en en a terminé avec Marielle. »  Donald prends sa femme par la taille et la tire contre lui, appuyant son nez contre les seins de sa femme.  « Quelqu’un lui a coupé la tête et s’est sauvé avec. »

 

Cécile laisse échapper un doux gémissement.  « Ça ne devrait pas m’exciter, mais … continue. »  Une bretelle de sa robe tombe de son épaule et laisse entrevoir un mince croissant d’auréole.  

 

Donald glisse sa main sous la robe de sa femme, cherche sa petite culotte et une fois qu’il l’a en main l’arrache avec une passion qu’il n’avait ressenti envers sa femme depuis des années.  « Il y avait beaucoup de sang dans le coffre de sa BMW. »

 

Cécile prend la tête de son mari dans ses bras et l'engouffre dans son décolleté.  Ses longs cheveux noirs tombent comme une perruque sur la tête de Donald qui a peine à prendre son souffle.  Elle gémit plus fort.  « Et tu vas découvrir qui a commis ce crime? »

 

D’un coup sec Donald retire sa tête d’où elle était enfouie, soulève sa femme et l’assieds à ses cotés sur le sofa.  « Et pourquoi je ferais cela? »

 

Frustrée de ce coït interrompu et avec fausse pudeur, Cécile couvre ses seins de ses bras.  « T’imagines la mauvaise publicité du détective qui ne peux résoudre le meurtre de sa secrétaire? »  Sur ces mots elle se lève et s’éloigne vers l’escalier qui mène au deuxième, laissant retomber sa robe à ses genoux.  « Tu sais Donald, » dit-elle se retournant vers lui avant de disparaître à l’étage supérieur, « tu étais peut-être un peu rapide de la gâchette, mais au moins tu me baisais auparavant. »

 

Donald échappe un nouveau soupir, prend la coupe de vin et l’achève d’une seule gorgée.  « Salope. »  Il s’allonge sur le sofa, laissant sa mauvaise jambe au sol, s’empare de la petite culotte humide de sa femme et la dépose sur ses yeux pour assombrir la lueur du soleil qui se lève. 

 

Quelques secondes plus tard Donald s’endort et rêva de ses années de Collège et de Minh. 

The End

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