L'enfant de la luneMature


La nuit m'a toujours fascinée. Au village, on mettait cela sur le compte de ma grande passion pour la lecture, à laquelle je m'adonnais uniquement quand tout le monde à la maison dormait et que toutes les tâches avaient été faites, car on ne m'y laissait jamais avant tout cela. Mais Kele m'avait dit un jour que j'étais une enfant de la lune. Et que j'étais destinée à le rester.

J'avais toujours interprété ses paroles comme une assurance que j'avais une raison d'être qui j'étais. Une enfant de la lune, une enfant qui ne vivait que pour elle, que pour la nuit (la splendeur lunaire n'est pas à apprécier de jour), ne pouvait pas être bien pendant le jour. Cela ne l'empêchait pas de faire comme les autres, mais l'enfant, moi, savait la différence. 

Je suis une enfant de la lune plus que jamais auparavant. Je me suis rendue compte, après mon "évasion" de mon village, que le soleil ne me manquait pas tant que ça. Évidemment, c'est toujours lorsqu'on n'a plus accès à quelque chose que l'on voudrait l'avoir, cela ne m'épargne pas, mais je sais que je fais un caprice. Comme quand je faisais mes caprices pour rester éveillée pour voir la nuit passer. Seulement que pour voir la nuit passer. 

Ce que je n'oublierai jamais du soleil, ce que la lune n'arrivera jamais à me donner, c'est cette chaleur caressante de ses rayons. J'ai beau me concentrer le plus fort que je peux pour sentir la douce émanation des rayons solaires (car elle est visible grâce aux rayons du soleil qui la frappe) mais rien ne saura faire comme l'original. 

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Quittant la ville italienne, Jayla se perdit volontairement, quitte à se cacher clandestinement dans les sous-sols domestiques. Sa présence n'inquiétait personne puisqu'elle revêtait l'invisibilité. Pour se nourrir, elle choisissait ceux qui n'avaient comme elle plus d'espérance. Ils étaient simples à attraper, simples à déguster, et leur goût lui faisait penser à celui que devait avoir le sien. Elle s'enferma dans son mutisme puisqu'elle n'avait personne à qui parler. Elle apprit, avec l'aide de la Voix, à écouter le vent beaucoup plus. Plusieurs années passèrent avant qu'elle ne retourne dans une agglomération où la Camarilla était présente.

Le premier vampire qu'elle croisa eut une surprise grande: Giangaleazzeo reconnut la Fiamma de loin grâce à ses cheveux, à son aura. Il l'accueillit avec un sourire chaleureux. 

- Buongiurno Jayla. 
- Giangaleazzeo. 

Il lui demanda ce qu'elle faisait ici. Elle lui répondit qu'elle n'avait plus à être chassée. Elle ne lui laissa pas la chance de placer un autre mot. 

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The End

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