Souffla le vent...Mature

On raconte qu'une tempête énorme s'est levée, tuant bon nombres de personnes sous son passage. Au sud, une tornade gigantesque, en furie, dangereuse, menaçait la population. 

Le vent me soufllait quoi faire: c'était si facile de l'écouter dans des moments pareils. Même à l'intérieur, je pouvais l'entendre me parler: son souflle passait à travers le calfeutrage des fenêtres, par la bouche de la cheminée, par les murs. Il me disait "Viens, Jayla, viens avec moi". Et je sortais pour danser avec lui. Les gens me criaient de rentrer me mettre à l'abri. Une fois, ils sont venus me chercher -ils étaiet cinq à tenter de me convaincre de rentrer, car la tempête arrivait, on voyait l'énorme colonne de vent se dresser dans le ciel comme un Titan mythique- mais je ne les ai pas écouté. Ils durent rentrer: ils ne savaient pas écouter ce que le vent leur disait. Mais, même s,ils l'avaient su, ils auraient été en danger: le vent ne s'adressait pas à eux. 

Juste à moi. 
- À nous, Jayla. À nous.

Juste à nous.

Quand une bourrasque venait faire voler mes cheveux toujours aussi rouges, elle le faisait délicatement, presque sans les emmêler. C'était comme danser un ballet avec un être invisible, qui nous soulevait gracieusement, délicatement.

Je me souviens de leurs cris quand la colonne grise m'engloutit. Je m'envolai en compagnie de portes de garage toutes démantibulées et de déchets tout aussi secoués, mais jamais rien ne me toucha. Le vent me protégeait, il me saluait. Il m'accueillait auprès de lui en me disant qu'il serait toujours là. Personne ne peut tuer le vent. Il me murmura à l'oreille qu'il était content que je sois là, que je l'écoute, que je me laisse guider par lui.
- Je fus jalouse. Mais juste un peu: un courant d'air a peut-être l'air insignifiant, mais au coeur de cette tempête, je compris la puissance du vent. La Rage aussi: elle sut que le vent pouvait lui donner de la puissance qu'à elle seule elle ne pourrait jamais atteindre.


*
*
L'ouragan avait laissé bon nombre de débris et de corps dans son sillage. Des quartiers entiers avaient été rasés par la tempête. On entendait des pleurs, des cris, du désespoir partour dans les rues défoncées et sales. Les premiers secours ne savaient plus où donner de la tête: la désolation était partout. 
De la poussière sortit une tache rouge vif. 
C'est du sang, c'est du sang, s'écria-t-on, anxieux d'avoir un autre blessé sur les bras.
Une jeune femme rousse s'avança du nuage de poussière tout frais, qui s'éclaircissait tranquillement. Un peu plus de lumière et on se serait cru au cinéma. Sa robe blanche était salie de noir, et son manteau ébène tout empoussiéré de blanc. 
On lui demanda si elle allait bien, où elle était cachée, comment, pourq, quan, si, mais, elle, don- et on se détourna rapidement. Elle n'avait eu qu'à sourire d'un air rassurant et on lui avait tourné le dos pour s'occuper de ceux qui avait vraiment besoin d'aide. 
Un petit coup de vent lui replaça une mèche de cheveux.
La Rousse se détourna du petit groupe de secouristes, des cris, des pleurs et de la désolation. La pluie commença à s'abattre sur la ville. Elle sembla remplir les veines de Jayla d'une énergie nouvelle.

C'était définitivement une belle journée. 

The End

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