Bernard

En gros, Bernard, c'est le genre de gars/fille qu'il fait bon connaître. 

Pourquoi?

Parce que Bernard, à chaque printemps, semble encore plus joli/e qu'à l'habitude. Parce qu'il/elle semble encore plus gentil/le. Encore plus intelligent/e. Encore plus désirable. Et c'est l'avis général.

Bernard, ce n'est personne en particulier: en fait, Bernard, c'est tout le monde. On a tous son Bernard. Ou sa Bernard, remarquez, ça dépend des gens. 

(On comprend le principe, l'usage du masculin rend la lecture plus facile...)

Donc, Bernard, à chaque printemps, il est comme renouvelé: on voit en lui quelque chose de nouveau, un intérêt particulier qui n'était pas là, qui était couvert par les trente mille mètres de neige. On le voit surgir comme on voit surgir la tête des agents d'immeubles sur les affiches Remax plantées fièrement dans la pelouse des bâtiments à vendre... D'un coup, le coeur semble moins suspicieux. On est plus enclin à faire confiance à son Bernard, même si, ce Bernard, on ne lui a jamais parlé. Ou presque jamais parlé. 

Tout le monde a son Bernard, c'est certain: seulement, ce n'est pas tout le monde qu'il l'a trouvé. On se trompe souvent: son Bernard peut, lui aussi, avoir un Bernard, Bernard qui n'est pas soi... Frustrant, désagréable, triste, mais pas mortel. Peut-être que son Bernard se cache encore dans le tas de neige qui prend plus de temps à fondre, ou derrière une porte à regarder les autres passer.

Bernard a toutes sortes d'occupations.

Surtout au printemps.

The End

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